
« Halte aux revendications commerciales sur la santé ». Les 330 pharmaciens bretons de « Réseau
santé » (1)« On estime que le danger est suffisamment grand pour qu'on prenne la parole », justifient
Bernard Moyon et Yannick Marzin, responsables de Réseau Santé dont le siège est à Brest. ont décidé de parler, même s'ils sont privés du droit de communication par le code de la santé publique. Au risque d'être sanctionnés par le conseil de l'ordre des pharmaciens.
Dès vendredi, dans la presse régionale et dans les pharmacies du groupement, ils répondront à la campagne publicitaire lancée par Michel-Edouard Leclerc sur la commercialisation des médicaments non remboursables dans les grandes surfaces. « Puisque les grands de la distribution ne s'imposent aucune limite dans leur conquête, au nom du commerce et non de la santé publique, il faut les arrêter, coûte que coûte. Au moins au nom de la sauvegarde de nos jeunes face aux usages détournés ou de nos anciens en maintenant des services de santé de proximité », estiment-ils.
Il y a 20 ans le lait maternisé
Ce nouveau combat, entre grande distribution et pharmacie, intervient 20 ans après celui mené pour le lait maternisé. Yannick Marzin, qui présidait alors la Fédération nationale des pharmaciens, s'en souvient bien. « Leclerc revendiquait le droit de commercialiser des laits maternisés au motif qu'ils seraient moins chers. Nous avons fait constater les prix des laits premier âge et deuxième âge par un huissier. Ils sont jusqu'à 40 % moins cher en pharmacie, avec le conseil en plus », fait-il remarquer.
Ce qui inquiète le plus les pharmaciens, c'est de voir des médicaments sensibles dans les rayons des centres commerciaux. « Parmi les médicaments vendus sans ordonnance, le plus délivré est un hypnotique, et le 25e est un kit pour toxicomane», poursuit Bernard Moyon. Le mauvais usage de médicaments serait responsable de près de 1, 2 million de journées d'hospitalisation chaque année. « Ça coûte 2 milliards d'euros à la Sécurité sociale. Nul doute que l'accès facilité aux médicaments sera un accélérateur du déficit de la Sécu. »
Christel MARTEEL.
(1) Réseau Santé : société de prestation de services pour les officines. La région compte 1 100 officines.
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