POURQUOI
Ma pilule me flanquant des mals de crâne des plus flippants (genre tu te demandes quand ton cerveau va exploser dans ta boîte crânienne), sous la pression de ma mère et d'autres personne
que je ne citerai pas, je me décide enfin à aller voir la gynéco. Bizarrement, comme une
autre de mes concitoyennes, je
préfère encore la gynéco au dentiste. En fait non, moi c'est plutôt au dentiste et au coiffeur. Avoir des cheveux plein la tronche et me faire tordre le cou sur leur lavabo de torture, ça
me stresse à un point inimaginable. C'est pour ça que je vais chez Alex Frezat : au moins le coiffeur mignon, dès que j'ai un cheveu sur mon pingouinesque visage, se presse de l'enlever. Mais bon
pas tout le temps. Et des fois on est obligé d'aller chez un autre coiffeur (à Aix les Bouseux par exemple). C'est pour ça que je voulais me raser le crâne. Enfin, bref.
Après grande insistance avec la secrétaire, je parviens à décrocher un rendez-vous "urgent" pour la semaine suivante. SInon j'étais bonne pour patienter trois semaines.
EFFETS INDESIRABLES (oui je sais lire la notice et c'est flippant)
* Effets indésirables rares
Bon, comme je ne suis pas totalement débile (quoi que puisse en penser ma gynéco), j'arrête quand même la pilule avant d'avoir un AVC , de la HTA, un infarctus, une embolie pulmonaire. J'avais
déjà les autres effets secondaires dits "rares", à savoir les maux de tête, les vertiges...
*Effets indésirables normaux
Ne nécessitant pas d'arrêter le traitement mais très chiants quand même alors je vois pas pourquoi ils les classent dedans, à savoir les nausées, les maux de tête sans gravité (mais
comment on peut juger que c'est pas grave ? jusqu'à preuve du contraire je ne suis pas médecin...), irritabilité...
Ah oui, j'oubliais, les pharmaciens de la fac vont me taper dessus si je continue à dire effets secondaires. On dit pas effets secondaires, on dit effets indésirables. Pardon. Je m'excuse.
On me dit que le surdosage peut entraîner des nausées et des vomissements. Bon attends, je réfléchis deux secondes. Vu mon poids (entre 44 et 45) et vu le poids habituel des gens normalement
constitués qui mesurent au moins 15 cm de plus que moi et font au moins 10 kg de plus, ça fait tilt : même avec un seul comprimé je suis sûrement en surdosage... D'ailleurs, j'ai pas le droit à
l'efferalgan 1000 parce que je fais moins de 45 kg. Ca explique tout.
Bref, autant de raison d'arrêter de prendre ces comprimés sans avoir encore eu l'avis éclairé de la gynéco.
SALLE D'ATTENTE
Evidemment, le passage obligé (sauf chez mon généraliste où il n'y a jamais personne et où dès qu'il entend la sonnette se précipite sur vous pour vous serrer la main). Au passage, je pique un
prospectus pour la prévention des IST durant l'été "exigez que votre partenaire porte un préservatif" sera tout ce que j'en ai retenu. Quoiqu'hier, je suis allée boire un café en ville et une
pouffiasse enceinte avec belle-mère et gosse commençait à raconter sa vie en hurlant (alors que bon, on s'en fiche) et à montrer les photos de sa gosse (en commentant bien sûr). Là j'ai sorti mon
petit livret de prévention et ai commencé à lire le chapitre des infections vaginales à voix un peu haute. Malheureusement ma voix un peu haute n'était pas assez haute donc ça n'a servi à
rien...

INTERROGATOIRE
Bon bref, la gynéco vient me chercher deux minutes plus tard (d'habitude j'attends 40 min, vive les rendez-vous en urgence) et là commence l'interrogatoire serré entre le bac+15 et le bac-15.
Là j'ai compris que si t'avais aucun problème, la gynéco était gentille avec toi, sinon, tu pars en pleurant. Ou presque.
Commence le questionnement sur les symptômes puis le verdict tombe : vous avez bien fait d'arrêter. Ah, cool. Je suis pas si conne que ça alors, on va peut-être pouvoir s'entendre...
NON.
Il faut donc que je fasse une pause, et reprendre une nouvelle pilule moins dosée, et si je ne la supporte plus je n'ai qu'à me faire enlever l'utérus (ça m'arangerait en fait).
La durée d'arrêt de pilule étant directement déterminée par la réponse à la question "copain/pas copain en ce moment ?".
Là la gynéco en profite aussi pour me faire un briefing sur mes dernières analyses, à savoir que je n'ai pas de cancer du col de l'utérus (tant mieux parce que ça fait 6 mois que je vis dans la
crainte... ah non elle m'aurait rappelé s'il y avait eu un problème ? ouais mais si elle oublie, hein ?) et que mon taux de cholesterol crève tous les plafonds (d'ailleurs ils vont publier un
article dans Nature sur moi...) mais vu que c'est du bon (oh, snif, pas de quintuple pontage en vue pour moi ? comment je suis déçue) ça roule. Bon ça roule peut être mais je préfèrerait que le
cholestérol soit dans mes cellules plutôt que dans mon sang... enfin bon, c'est la faute à la pilule, ça aussi. C'est d'ailleurs pour ça qu'il en faut pas fumer quand on est sous pilule, sinon
les artères sont pas contente (mais là pour les précisions, il faudra demander au manchot...). Bref.
Donc tout baigne, sauf que je peux plus prendre de pilule.
Là évidemment il me revient un problème dont j'ose parler à la gynéco : mes douleurs pendant les règles qui me plient en deux pendant une semaine. Là, j'ai droit au ton de reproche "Mais
pourquoi vous ne m'en avez pas parlé avant ?" Ben euh... j'en sais rien moi... vous m'aviez dit que la pilule ça faisait disparaître les douleurs, et comme ça a pas disparu, ben je me suis dit
qu'il n'y avait plus rien à faire pour moi... "ben j'ai oublié" (suivi d'une autoflagellation).
Vient alors le moment tant redouté où la gynéco vous sort le "deshabillez-vous je vais vous examiner".
EXAMEN
Mais euh... vous m'avez déjà examinée ya 6 mois, c'est bon c'est pas la peine... Mais non je n'ose pas protester à voix haute, je sais qu'il faut en passer par là...
Donc je me dépoile et me retrouve nue comme un ver ou presque, prête à escalader la table de torture, lorsque la gynéco me fait remarquer qu'il faudrait quand même que j'enlève mon slip... argh,
j'y avais pas pensé, j'étais (encore) dans la lune...
Et là, la réflexion qui tue tombe, telle une épée qui s'est décrochée du plafond... "Vous pesez combien ?"
"'Ben 44" (bon j'ai pas osé lui dire que le matin la balance affichait 43.7... oui moi je me rajoute du poids tellement j'ai honte).
"Mais vous avez perdu 4 kg depuis la dernière fois !". Hein ? 4 ? Mince je pensais pas autant.
"C'est pas normal ça !".
"Ben j'ai arrêté le sport".
"ah mais ça n'explique pas pourquoi vous en avez perdu autant".
Je tente la justification 2 (au bord des larmes -mais je me retiens, parce que c'est comme si vous traitiez une fille enveloppée de grosse vache, ben moi ça me fait le même effet. Y'en a qui ont
du mal à maigrir, d'autres qui ont du mal à grossir. Tous dans la même galère. Et quand on n'a pas d'appétit et qu'on a la flemme de manger, grossir c'est mission impossible).
Justification 2 donc : "ben c'est mon estomac"
"QUUUOOOOOOOOOOI ? Mais vous ne m'avez jamais parlé de votre estomac !". Hum, ben oui mais bon vous êtes gynéco, alors je suis pas au courant si vous avez la spécialisation gynéco/gastro
entérologie...
J'ai finalement le droit de monter sur la table de torture où elle me palpe les attributs mammaires (enfin pour ce qu'il y a) à la recherche d'une éventuelle tumeur ou autre... et là, j'ai droit
au :
"Mais vous êtes bien pâle".
Bon elle a du passer 1 mois à se faire dorer sur la plage aux Seychelle, donc forcément elle est tout cramée (cancer mon ami). Forcément moi à côté, je suis pâle. Mais bon, vous êtes pas dermato,
mais vous savez quand même qu'il y a des peaux qui ne deviennent pas marron foncé sous le soleil ? Parce que bon, vu la dose de taches de rousseur que j'ai sur la tronche, ça me paraît évident
que je ne vais jamais bronzer de la figure, hein... à moins de rester toute la journée au soleil pour choper un cancer, des rides et me flinguer les yeux...
Forcément aussi, de me dire que je suis pâle ça me flanque un coup au moral et ça me stresse, genre je suis bonne pour 15 jours en observation au CHU...
"Mais vous sortez jamais ?"
Ben si, je sors. Mais bon quand je suis chez les bouseux, à part la terrasse je vois pas... et je sais pas si vous êtes au courant, mais cet été, il a fait un temps pourri... ah ben non,
forcément, vous étiez aux Seychelles, là-bas il fait toujours beau, non ?

Bon, sur ce elle passe à l'examen des organes génitaux du bas (pas une partie de plaisir mais moins douloureux que le dentiste qui a la merveilleuse idée de vous gratter les sillons des
molaires).
Je me rhabille, elle me fait une ordonnnance et me flanque limite dehors "pour le règlement, voyez avec la secrétaire". D'habitude, jamais. Bon je pense que j'aurais été enceinte, j'aurais eu
droit à plus d'égards... ben oui en général les rendez-vous en urgence, c'est les femmes qui refusent la contraception...
Voilà donc moralité : ça m'a saoulé.
Poins sur les i